Près de 20000 personnes manifestent en Suisse alémanique et au Tessin!

Communiqué

25 septembre 2026

Vendredi 25 septembre, près de 20000 personnes sont descendues dans la rue dans toute la Suisse alémanique et au Tessin sous le slogan «Keine 50 Grad Sommer!» («Pas d’étés à 50°C!»).

Manifestation «Pas d’étés à 50 degrés!» du 25 septembre 2026 sur la place fédérale à Berne
La manifestation à Berne (Photo: Klimastreik)

Des manifestations ont eu lieu dans dix villes: Baden, Bienne, Zoug, Bâle, Zurich, Bern, Chur, Thun, Lucerne, Bellinzone. Comme le week-end dernier à Saint-Gall et en Romandie (Genève, Lausanne et Fribourg), où près de 22000 personnes étaient descendues dans la rue, les participant·es ont protesté contre l’inaction des responsables politiques face à l’aggravation de la crise climatique.

Cette journée d’action a été organisée par Klimastreik (Grève du Climat) en collaboration avec l’alliance «Pas d’étés à 50°C!», qui regroupe désormais plus de 170 organisations issues des milieux environnementaux, sociaux, de la santé, de la jeunesse, du développement et syndicaux.

L’été 2026 est un signal d’alarme

L’été 2026 a mis en évidence sans ménagement les conséquences de la crise climatique pour tous. L’été le plus chaud depuis le début des relevés a entraîné des températures record, l’assèchement des sols et des cours d’eau, des pertes de récoltes et une pression massive sur l’homme et la nature. Sans changement de cap radical, les températures estivales pourraient atteindre près de 50°C en Suisse d’ici 2050, selon les prévisions climatiques. Pour éviter un tel monde invivable, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue, répondant à l’appel de la Grève du Climat (Klimastreik) et de la coalition «Pas d’étés à 50°C!» – la plus grande mobilisation depuis les élections de 2023.

Les discours et les manifestant·es l’ont clairement montré: la Suisse dispose des moyens, des connaissances et des instruments politiques pour agir efficacement. Ce qui manque, c’est la volonté politique. Pour beaucoup, la mobilisation d’aujourd’hui a été un signe fort d’espoir et un appel commun pour que les revendications en matière de protection contre le changement climatique et la canicule soient à nouveau davantage entendues par les responsables politiques.

«C’est impressionnant de voir des dizaines de milliers de personnes descendre dans la rue et exprimer haut et fort, de manière créative, leur frustration face à l’inaction des responsables politiques. Nous sommes des milliers, voire des millions – et il est grand temps de rendre visible cette majorité silencieuse.», déclare Laurène Descamps, co-initiatrice de la coalition «Pas d’étés à 50°C!» en Suisse alémanique. 

Le coût de l’inaction est incommensurable

Les manifestant·es le disent clairement: la protection contre la chaleur est urgente et nécessaire, mais elle ne suffit pas. La crise climatique ne se limite plus depuis longtemps à de simples vagues de chaleur. Elle menace les moyens de subsistance de millions de personnes à travers le monde, aggrave les inégalités sociales et détruit des écosystèmes. C’est pourquoi il faut enfin s’attaquer avec détermination aux causes de la crise climatique.

«Tant que nous privilégierons la croissance économique au détriment de la protection de nos moyens de subsistance et que la place financière suisse continuera à injecter des milliards dans le charbon, le pétrole et le gaz, nous perdrons un temps précieux. Un temps dont nous avons urgemment besoin pour endiguer la crise climatique et construire une société qui permette à chacun de mener une vie digne. La science le démontre depuis longtemps: il serait possible que tout le monde vive bien tout en respectant les limites de la planète. Ce qui manque, ce n’est pas la connaissance, mais la volonté politique», explique Seraina Kägi, de Grève du Climat Suisse (Klimastreik Schweiz). 

L’alliance souligne que si la protection du climat nécessite certes des investissements, les coûts de l’inaction sont toutefois bien plus élevés. Les chiffres du Conseil fédéral le confirment: celui-ci prévoit plus de 34 milliards de francs de dommages par an d’ici 2060. Aujourd’hui déjà, les conséquences se manifestent non seulement par des pertes financières, mais aussi sous la forme de décès dus à la canicule, de mauvaises récoltes, de la fonte des glaciers, d’incendies de forêt et de dégâts croissants causés par des phénomènes météorologiques extrêmes. 

«Nous discutons depuis des années des coûts de la protection du climat. Ce faisant, nous négligeons la facture bien plus élevée de l’inaction. Cette facture est déjà payée aujourd’hui: par les personnes qui meurent de chaleur, par les agriculteurices confrontés à des pertes de récoltes et par les générations futures. Le prix de l’inaction est incommensurable.», déclare Moritz Wülser, de la Grève du Climat Berne.

Une mobilisation sans précédent de la société civile

En un temps record, plus de 170 organisations d’horizons divers se sont rassemblées: syndicats, associations environnementales, organisations de santé, associations de quartier, organisations paysannes, partis politiques, mouvements de jeunesse et de nombreux collectifs de citoyen·nes. Dans son manifeste, l’alliance «Pas d’étés à 50°C!» définit les trois revendications principales suivantes: 

  • Pour que toutes les vies soient protégées, en particulier les plus vulnérables.
  • Pour une transformation en profondeur du système économique afin de réduire massivement les émissions de gaz à effet de serre.
  • Pour que l’urgence climatique soit traitée en priorité absolue, aux niveaux politique, budgétaire, social et économique.

Le manifeste comprend en outre des revendications concrètes, notamment la protection de la santé au travail en cas de canicule, une agriculture paysanne résiliente, la sortie des énergies fossiles, une transition vers une mobilité socialement équitable, la protection de la biodiversité et des moyens de subsistance, ainsi que la responsabilité internationale de la Suisse.

Ces revendications ont non seulement été portées dans la rue aujourd’hui, mais elles sont également publiées dans une lettre ouverte adressée au Parlement et au Conseil fédéral. Les revendications qui y figurent doivent être intégrées au débat actuel sur la canicule et la sécheresse, qui aura lieu le 30 septembre au Conseil national, ainsi qu’aux dossiers relatifs à la politique climatique de la session d’hiver.

Le mouvement se poursuit

La mobilisation de ces dernières semaines n’est que le début d’un engagement sociétal plus large en faveur de la justice climatique et sociale. L’alliance annonce qu’elle continuera d’intensifier la pression sur les milieux politiques et économiques jusqu’aux élections nationales de 2027. Une manifestation nationale pour le climat est d’ores et déjà annoncée pour le 25 septembre 2027.

«2026 doit marquer un tournant. Nous ne cesserons jamais de dénoncer les injustices, de nous organiser et d’exiger le changement nécessaire. Car un autre avenir n’est pas seulement possible – il est nécessaire», déclare Laurène Descamps, co-initiatrice de la coalition «Pas d’étés à 50°C!» en Suisse alémanique.