Priorité au climat: la coalition «Pas d’étés à 50°C!» appelle la population à manifester dans toute la Suisse!

Communiqué

7.9.2026

Face aux vagues de chaleur étouffantes, aux sécheresses prolongées et aux feux de forêt incontrôlables qui ont marqué l’été 2026, une large coalition de plus de 100 organisations a répondu à l’appel «Pas d’étés à 50 degrés!». Ce mouvement dénonce l’impréparation de la Suisse et réclame une bifurcation immédiate des politiques pour éviter un avenir invivable.

Conférence de presse de la coalition «Pas d’étés à 50°C!», Lausanne, 7 septembre 2026

«L’été 2026 n’est pas simplement exceptionnel, c’est le signe avant-coureur d’une réalité brutale: sans changement radical, la Suisse pourrait atteindre des températures de 50°C d’ici 2050.» explique Julia Steinberger, professeure d’économie écologique à l’UNIL. Cette nouvelle donne menace directement les moyens de subsistance, la biodiversité, les conditions de travail, la santé et, de manière disproportionnée, les populations les plus vulnérables.

Cet été, dans certains hôpitaux, il a fait jusqu’à 34°C dans les chambres des patient·es, qui souffrent. Le travail devient aussi plus dur les soignant·es.

«Dans certains lieux de l’accueil de la petite enfance, les températures atteignaient les 32°C dans des salles de sieste où dormaient des enfants de 4 mois. Les enfants font partie des personnes à risques et l’épuisement est d’autant plus grand lorsque, comme cet été, les canicules s’enchaînent. Il nous faut une adaptation prioritaire des bâtiments des hôpitaux, crèches, EMS, etc. en privilégiant des solutions écologiques.»

Antonia Undurraga
SSP VD, secteur de la petite enfance

Les services publics ont une double importance: ils sont en première ligne face aux événements météorologiques extrêmes et sont également cruciaux pour opérer la bifurcation écologique (transports publics, par ex.). C’est pourquoi notre coalition demande la fin des politiques d’austérité budgétaire et le retrait des mécanismes de «frein à l’endettement». Il faut garantir des moyens aux services publics pour protéger la population et assurer la mise en œuvre des politiques de transition écologique.

Un échec politique face à l’urgence

La coalition pointe du doigt l’insuffisance des réponses politiques actuelles. La diminution des émissions de gaz à effet de serre ne suit pas la trajectoire nécessaire et l’action climatique recule sous la pression de certains lobbys et courants politiques.

«Aux échelles cantonales, les plans climat et lois climat, déjà insuffisants, sont affaiblis et retardés par les gouvernements ou les parlements. Notre mobilisation doit déboucher sur du concret: la mise en œuvre de la loi climat fédérale et l’adoption de lois climat cantonales qui soient à la hauteur des enjeux.»

Marion Lanci
Chargée de mission politique pour Objectif Climat Vaud.

L’agriculture, déjà sous forte pression économique, fut durement touchée par la sécheresse de cette année, avec des pertes considérables sur les cultures et les rendements. Malheureusement, le paradigme agricole actuel est totalement barricadé. L’opposition entre production alimentaire et protection de la biodiversité verrouille la possibilité d’imaginer une autre voie.

«Le climat de cet été crée une menace existentielle pour notre travail. Une agriculture paysanne diversifiée et résiliente est indispensable pour garantir une alimentation saine et durable tout en protégeant le climat, les sols et la biodiversité. Un véritable plan de souveraineté alimentaire est indispensable.»

Alberto Silva
Secrétaire politique de l’organisation paysanne Uniterre et maraîcher à Palézieux.

L’adaptation est elle aussi jugée négligée, creusant les inégalités sociales: selon les revenus, le logement, l’âge, la capacité à faire face aux catastrophes climatiques reste très inégale.

«L’action climatique doit se faire sur deux volets: des mesures d’atténuation et d’adaptation. L’atténuation passe notamment par la réduction du trafic individuel motorisé, du trafic aérien, la rénovation énergétique des bâtiments, mais aussi la régulation de la place financière etc. En parallèle, des mesures d’adaptation sont essentielles pour mieux vivre ces fortes chaleurs: la végétalisation des rues, l’adaptation des cultures, l’accès aux piscines et lacs, etc.»

Pardis Pouranpir
Responsable communication et mobilisation à l’Alliance Climatique Suisse

Un manifeste et trois revendications majeures

Pour contrer cette menace existentielle, la coalition veut provoquer un sursaut collectif et organise des manifestations à travers toute la Suisse, les 19, 20 septembre et 2 octobre en Suisse romande avec trois mots d’ordre principaux:

  • Pour que toutes les vies soient protégées, en particulier les plus vulnérables
  • Pour une transformation en profondeur du système économique afin de réduire massivement les émissions de gaz à effet de serre
  • Pour que l’urgence climatique soit traitée en priorité absolue, aux niveaux politique, budgétaire, social et économique

Un manifeste regroupe en 8 thématiques différentes mesures proposées par la coalition.

«L’une de nos 38 mesures porte sur les conditions de travail. Nous demandons des pauses pour les emplois exposés, la diminution du temps de travail et l’adaptation des horaires sans perte de salaire. Une enquête menée cet été par Unia a montré que dans le milieu de la construction, 8 chantiers sur 10 ne respectent pas les pauses supplémentaires obligatoires dès que le thermomètre dépasse les 33 degrés. C’est absolument inacceptable et invivable pour les travailleurs·euses!»

Pietro Carobbio
Responsable du secteur construction, Unia Vaud.

Mobiliser largement toutes les personnes impactées

L’objectif est de construire un mouvement durable, capable d’imposer une transformation à la hauteur des enjeux dans les quartiers, les communes, les lieux de travail et les instances décisionnelles.

«2026 doit être un moment de bascule. Après un été aussi anormal, il n’est pas possible d’avoir une rentrée normale. Une part croissante de la population réalise que sans un changement radical, la situation ne fera que s’aggraver. La rapidité et l’ampleur des changements à opérer ne nous laisse pas le choix: nous devons opérer une transformation en profondeur de notre système économique, avec notamment des mesures pour permettre des reconversions professionnelles massives. Dans l’immédiat, nous devons aussi mettre un STOP aux grands projets nocifs, notamment l’arrêt immédiat de toute extension d’autoroutes et d’aéroports. Nous avons besoin de moyens publics, qu’il faut aller chercher là où il y a des richesses et des activités polluantes, comme la finance fossile. Notre survie collective ne dépend que de notre capacité à transformer les choses en profondeur.»,

Thibault Schneeberger
Militant de solidaritéS.

À propos de la coalition «Pas d’étés à 50°C!»

Après un appel lancé en juillet par solidaritéS et Ensemble à Gauche Vaud, plus de 100 organisations se sont regroupées sous la bannière «Pas d’étés à 50 degrés!» pour exiger des mesures rapides d’atténuation et d’adaptation face au réchauffement climatique. 13 manifestations auront lieu dans toute la Suisse: